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| Domaine Trapet Père & Fils |
Jean-Louis Trapet : la révolution réussie de la biodynamie
Jean-Louis Trapet est un biodynamiste convaincu. Enthousiaste ? Sans aucun doute. Intégriste ? Certainement pas. Et pour cause : la famille Trapet œuvre depuis quatre générations sur le vignoble de Gevrey-Chambertin. Et ces terroirs ont tout connu, de l'agriculture traditionnelle, au début du XXe siècle, aux excès chimiques lors de la grande période productiviste d'après-guerre. Lorsque Jean-Louis arrive sur le domaine, en 1990, pour prendre la suite de son père, c'est plus par respect pour sa santé et celle de ses équipes que par dogmatisme qu'il envisage le passage à la culture biologique. «A cette période, des amis ont eu d'importants problèmes de santé, dont nous soupçonnions qu'ils étaient liés aux produits de traitements chimiques, explique Jean-Louis Trapet. Il était hors de question que je fasse courir le même risque à mes équipes.» Mais, là aussi, cet infatigable vigneron trouve rapidement les limites de l'exercice. «Le biologique nous a conduits à utiliser encore trop de produits, notamment du cuivre dans des quantités que je jugeais déraisonnables.»
Une succession de rencontres le mènera rapidement sur le chemin de la biodynamie, honnie ou moquée par certains. Il est vrai que l'écouter raconter ses débuts, lorsque, avec son copain Dominique Lafon, il partait enterrer des « préparas » dans des cornes de vache, par des nuits de pleine lune, cela peut surprendre de prime abord. Mais chacun sait que la bouteille reste le seul juge de paix incontestable. «J'ai senti les premiers changements sur le millésime2000, plutôt difficile en Bourgogne, raconte Jean-Louis Trapet. Mon père a, quant à lui, été convaincu en 2003. Alors que, partout, la vigne était stressée par la chaleur et le manque d'eau, nous avons produit, cette année-là, des moûts à l'équilibre parfait.»
Mais la force de Jean-Louis Trapet, c'est avant tout de s'effacer derrière ses vins et de laisser parler son terroir. Il se dégage de ses chapelles, latricières ou autres chambertins une pureté et une vibration qui vous traversent de part en part. Ils ne laissent jamais transparaître aucune lourdeur. Le fruit est toujours intact, et la finesse joue en dentelle sur le fil de l'équilibriste.
Aujourd'hui, le plus grand bonheur de Jean-Louis, c'est sans aucun doute de voir venir à lui les équipes de Latour, Margaux ou autres grands crus bordelais, qui ne cachent plus désormais leur intérêt pour une culture respectueuse des hommes et des terroirs. La révolution est en marche, et Jean-Louis Trapet l'a compris depuis des années.
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